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louboutin rouge «Faut-il peindre ce qu'il y a sur un visage? Ce qu'il y a dans un visage? Ou ce qui se cache derrière un visage?» Cette interrogation de, l'ambitieuse exposition Visages Picasso Magritte Warhol de la Vieille Charité de Marseille l'a traduite en explorant le thème éternel de la représentation humaine, au XXe siècle, selon le triple prisme de la société, de l'intimité, et des vues de l'esprit. Le choix de Christine Poullain, directrice des musées de Marseille, et Guillaume Theulière, son adjoint, commissaires de l'exposition, s'est porté sur 90 artistes majeurs (Picasso, , , , Bonnard, Chirico, Giacometti, Kirchner, Dubuffet, Basquiat, Brassaï, Man Ray, Rainer .) et 150 uvres venues de musées et collections privées du monde entier: tableaux, sculptures, photos, des années 1920 à nos jours, qui illustrent la remise en cause fondamentale du «genre-portrait», par la modernité. Le visage doit dire autre chose que la ressemblance à son modèle. Et ce qu'il a à dire en ce début de XXe siècle, après le carnage industriel de la Première Guerre mondiale et à l'approche de la deuxième, n'a pas grand-chose de rassurant. Efficacement mise en scène dans ce lieu splendide qu'est la Vieille Charité, bâtiment construit par Louis XIV à l'usage des plus pauvres, l'exposition commence par explorer les «visages de la société», globalement, menaçants. pose un regard froid et figé sur la société bourgeoise de la république de Weimar, sa Scène de rue, (1925) est comme le ballet aveugle d'automates enfermés dans leurs préoccupations mesquines, ignorant le mutilé de guerre arrêté au coin de la rue. Ailleurs, les visages sont souvent mutiques, les poses figées, seuls les yeux parlent parfois, mais sur le fond de ces tableaux gronde le désordre d'un monde qui ne va pas tarder à s'entretuer. Jean Héhion. L'Homme à la face rouge. 1943. Crédits photo : © François Doury © Adagp, Paris, 2014 La Famille du peintre, de Gino Severini (1936), pour laquelle l'univers semble inaudible, devant ce journal ouvert, qui annonce l'ascension de . Eduardo Arroyo représente, quant à lui, un promeneur au visage vide d'expression, dont les seuls éléments distinctifs sont un pinceau dans la poche de son sac et un matricule épinglé à son veston: évadé, en route de Poméranie vers Paris, 1974. Plus glamours, mais non moins chargés d'arrière-pensées, les portraits de Warhol ou du talentueux , artiste brésilien qui uvre avec des éléments naturels (terre, épices, diamants), suggèrent l'aspect éphémère de la célébrité. Le monde tel qu'il ne va pas façonne à l'aune de son effroi des «visages intimes», qui émanent d'une douloureuse perception de soi, et des «visages de l'esprit», nés des chimères du modèle: en 1943, Picasso peint deux versions d'un Baiser qui unit deux êtres difformes et monstrueux; en 1945, Bonnard illustre, dans son Autoportrait face à la mort, la tragédie dont l'absurdité et l'impossibilité de la contempler en face ont laissé un vide béant à la place de ses yeux, avec un fond de couleurs pastel presque tremblantes. La Tête (tête noire) de , peinte en 1957, émerge à peine de son fond gris, où elle ouvre des yeux démesurément grands et ronds. La Femme au miroir de 1959 de Picasso, présente une femme au visage cramoisi, triste et fermé, contemplant, comme incrédule, son reflet apaisé et idéal dans un miroir qu'elle tient à bout de bras. Avec Ritva dans son fauteuil (1985), la force brutale des touches expressionnistes d', esquisse, un peu plus loin, une vision d'épouvante. Elle s'impose tout à fait avec la terrifiante Poursuite 77 de (1977), où un homme sans tête est poursuivi par des rats, qui l'attaquent et le dépècent, dans une composition réglée par la géométrie de lignes qui se croisent et se rejoignent, figuration matérielle de l'inexorable tourment. René Magritte. Le Visage du génie, 1926. Crédits photo : © musée d'Ixelles © Adagp, Paris, 2014 L'univers onirique de pourrait être apaisant, par ses formes pleines et nettes, si nombre d'entre elles n'étaient pas béantes, à certains endroits, vidées de leur substance, à double fond. «Je est un autre», la vie est un songe cruel et seul le surréel est réel, semblent dire bon nombre de ces uvres. Même constat chez les photographes: , , , ou , troublent élégamment les pistes plus qu'elles en révèlent le sujet. On restera plus circonspect sur le prétendu message du Spaghetti Man de Paul Mc Carthy (1993), de l'Emmenthal Head de Gilles Barbier (2003) qui, plutôt que le doute, résumeraient plutôt à eux seuls la bêtise d'une époque, la nôtre. Maître de la dérision, l'artiste , qui peignait parfois avec de l'arsenic et autres matières toxiques, aimait à dire que la peinture était dangereuse. Cette exposition le confirme, qui révèle, dans une gamme particulièrement étendue de l'art du XXe siècle, l'immense désarroi de l'homme et de l'artiste face à lui-même et à ses semblables. Visages Picasso Magritte Warhol, jusqu'au 22 Juin 2014, de 10h à 18h. Nocturne le vendredi jusqu'à 22h. Entrée 10 , tarif réduit 8 . Audioguide 5 . Catalogue de l'exposition, Éditions de la Réunion des musées nationaux Grand Palais, 35 . Centre de la Vieille Charité, 2 rue de la Charité, 13002 Marseille. À VOIR AUSSI :